⮞ David Fromkin - « Le dernier été de l'Europe. qui a provoqué la première guerre mondiale ? » - 2004
On croyait tout savoir des causes de la Première Guerre mondiale la course aux armements, les frustrations nées du conflit de 1870, l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo... Un enchaînement d'incidents malheureux aggravé par un jeu complexe d'alliances, d'idéologies, de racisme et de nationalisme fervent, qui précipite inexorablement le Vieux Continent dans le chaos sans que ses dirigeants parviennent à enrayer la tragédie. David Fromkin renouvelle totalement cette interprétation des origines accidentelles de la Grande Guerre à la lumière de nouvelles sources, principalement allemandes, autrichiennes et serbes. Il démontre que tout, dans cette catastrophe, fut prémédité. Le conflit comportait deux guerres et non pas une. Les deux ont été déclenchées délibérément, par des empires rivaux que rendait solidaires une dépendance mutuelle. Reconstitution éblouissante des événements au jour le jour dans les Parlements et les chancelleries, portraits des dirigeants politiques, militaires et diplomatiques des différentes puissances : cet ouvrage magistral met la technique du roman et le style de l'épopée au service de l'expertise et de l'analyse historiques.
Quelles sont les causes de la Première Guerre Mondiale ? Rappelons-nous nos cours d'histoire : la marche à la guerre, la course aux armements, les conséquences du conflit de 1870, la rivalité entre la France et l'Allemagne, l'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand et de sa femme à Sarajevo... Un enchaînement d'incidents malheureux, le résultat d'une tension extrême, qui précipitent inexorablement le Vieux Continent dans le chaos, sans que ses dirigeants parviennent à enrayer la tragédie... Pourtant, souligne David Fromkin, cette version des faits ne cadre pas avec l'atmosphère qui règne alors en Europe. Car si le monde est prêt à basculer dans l'horreur, c'est dans l'indifférence la plus totale. Au mois de juillet 14, à quelques jours du conflit, l'été s'annonce magnifique. Tous les chefs d'Etat sont en vacances ou s'apprêtent à partir. Guillaume II, Empereur d'Allemagne, se repose sur son bateau. Poincaré ne sent aucune urgence dans la situation, au point qu'il part en voyage en Russie accompagné du Président du Conseil. En Grande-Bretagne, c'est la crise : le Royaume est au bord de la guerre civile, tant la situation s'envenime en Irlande. Autant dire que les débats à la Chambre des Communes s'attardent peu sur ce qui intéresse faiblement le reste de l'Europe. Quant à la Russie, agitée par des troubles sociaux et en pleine révolution industrielle, le moment n'est pas vraiment à faire la guerre. David Fromkin déroule une thèse passionnante : « Le conflit international qui embrasa l'Europe pendant l'été 1914 comportait deux guerres, et non pas une. Les deux ont été déclenchées délibérément, par des empires rivaux que rendaient solidaire une dépendance mutuelle. La première fut le fait de l'Empire des Habsbourg, l'autre celui de l'Empire allemand. » La diplomatie n'aurait pu éviter la guerre : obnubilée par la Serbie, l'Autriche-Hongrie cherchait à tout prix à l'écraser, tandis que l'Allemagne, craignant d'être prise en étau entre la Russie et la France, et redoutant surtout d'être distancée sur les plans industriels et militaires, estimait qu'il fallait une guerre préventive. A travers les portraits des différents chefs d'Etats et huiles militaires et politiques de l'époque, David Fromkin éclaire de manière limpide l'enchaînement des faits, et désigne sans détour les responsables...
⮞ François Delpla - « Hitler et Pétain » - 2018
S'il ne fait plus aucun doute que le régime de Vichy était demandeur d'une collaboration avec l'occupant, l'implication personnelle de Hitler dans cette relation a été largement occultée par les historiens. Or, comme le prouvent ses Propos, il était obsédé par cette France vaincue rapidement. Une conquête encombrante mais dont il avait un besoin vital pour nourrir l'effort de guerre allemand : il s'agissait de la contrôler avec peu de personnel, de la mettre au travail et de la piller, en tendant la corde à l'extrême sans la casser.
Biographe de Hitler, François Delpla se concentre ici sur la relation particulière entre les deux hommes, détaillant le rôle paradoxal du Führer dans le maintien de Pétain, contre vents et marées, le maréchal s'étant mué en professeur de résignation. La correspondance de Hitler avec le maréchal, les comptes rendus de ses rencontres avec lui, Laval et Darlan, les directives données à Abetz et à d'autres intermédiaires sont passés au crible à partir de sources en grande partie nouvelles. L'auteur les inscrit dans une perspective de longue durée en considérant la place de la France dans le projet nazi et les moyens mis en oeuvre dès 1933 pour la soumettre définitivement. Quant à Pétain, plus soucieux d'honneur et d'intérêt national qu'on ne le dit parfois, il se débat avec impuissance dans les pièges et les ruses d'un homme à tous égards plus fort que lui. Une vision scientifique renouvelée non seulement de la France des « années noires », mais de Hitler et du IIIe Reich.
Ancien élève de l’École normale supérieure, docteur en histoire et habilité à diriger des recherches, François Delpla étudie depuis trente ans le Troisième Reich et la Seconde Guerre mondiale. Il a publié une biographie de Hitler (Grasset, 1999) et la première édition scientifique de ses Propos intimes et politiques (Nouveau Monde éditions, 2018).
#37 - François Delpla pour son livre “Hitler et Pétain”
François Delpla : Hitler et Pétain
FACE à PYR avec François Delpla : Hitler et le nazisme par-delà Chapoutot et consort
⮞ Annie Lacroix-riz - « Le choix de la défaite: Les élites françaises dans les années 1930 » - 2010
La présente édition de l’ouvrage a été systématiquement revue et complétée à la lumière des nombreux fonds d’archives, ouvrages et articles consultés depuis 2006.
On connaît le célèbre article de l’historien Marc Bloch paru peu avant son assassinat le 16 juin 1944, concernant le rôle de certaines élites françaises dans la défaite de 1939, tout particulièrement dans les milieux de la finance et des hauts fonctionnaires en charge de l’économie. Mais seule l’ouverture des fonds d’archives, enfin possible depuis 1999, aura permis à cette historienne, professeur à Paris VII, de démonter un à un l’écheveau des réseaux qui " ont préféré le nazisme au communisme ".
On ressort assez pantois de ces quelque 600 pages de texte, fourmillant de détails peu connus sur le fonctionnement des élites économiques françaises pendant toutes ces années. Mais pour qui connaît les réseaux actuels, qui cheminent finalement autour des mêmes grandes écoles et institutions et dont seul le leitmotiv semble avoir changé (le libéralisme, rien que le libéralisme), la lecture de ce livre d’histoire s’avère particulièrement utile pour comprendre comment naissent les idéologies économiques en France. Et comment de puissants réseaux d’influence et de financement les portent en avant sur la scène médiatique, sous couvert de simples débats d’idées.
Annie LACROIX-RIZ - CHOIX DE LA DÉFAITE ET FASCISME FRANÇAIS : le grand capital dans les années 1930
Le Choix de la défaite
Annie LACROIX-RIZ - Les Élites françaises et l'Allemagne nazie - 1/4
Annie LACROIX-RIZ - Les Élites françaises et l'Allemagne nazie - 2/4
Annie LACROIX-RIZ - Les Élites françaises et l'Allemagne nazie - 3/4
Annie LACROIX-RIZ - Les Élites françaises et l'Allemagne nazie - 4/4
le choix de la défaite - Annie Lacroix-Riz - 05/05/2010.mp4
Les élites françaises entre 1940 et 1944 - Annie Lacroix-Riz
Guerres du capital : Ils sacrifient les peuples à l’autel de leurs profits avec Annie Lacroix-Riz
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J'ai une attention particulière à apporter à chaque réunion mensuelle des ouvrages de réflexion pour développer notre sens critique et une vision éclairée du combat que nous menons.
Conférence Stop OTAN avec Hervé Hannoun et Marie-Noëlle Lienemann - mercredi 15 mai 2019
⮞ Philippe de Villiers - « j'ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » - 2019
Philippe de Villiers sur BFM (11/03/19): https://youtu.be/hUZPkr0aTsI
Philippe de Villiers : "Mon livre est la réponse au complotisme" sur les origines de l'Europe
Philippe De Villiers "J'ai tiré sur le fil du mensonge"
⮞ Jean Quellien - « Le Calvados au temps du Front Populaire » - 1996 ⮞ Jean Quellien - « Le Calvados pendant la guerre 1939-1945 » - 2017 ⮞ Yves Lecouturier - « La Collaboration 40-44 dans le Calvados » - 1988
Interview de l'historien Jean Quellien sur la Seconde guerre mondiale (1/3)
Interview de l'historien Jean Quellien sur la Seconde guerre mondiale (2/3)
Interview de Jean Quellien sur la Seconde guerre mondiale (3/3)
Caen le 6 juin 1944 - Jean QUELLIEN
1944, l'épuration en Normandie
TABLE RONDE – Mythification par le cinéma
⮞ Michel Onfray - « La Théorie de la dictature » - 2019
A l'occasion des élections européennes de 2019, M. Onfray livre une lecture philosophique et politique de l'oeuvre de G. Orwell (1903-1950), qui préfigure, à ses yeux, une forme de dictature dont l'Europe de Maastricht serait la réalisation. Exposant ses caractéristiques sous la forme de sept commandements, le philosophe avertit que l'écrivain anglais prévoyait son avènement au plus tard en 2050.
Il est admis que 1984 et La Ferme des animaux d'Orwell permettent de penser les dictatures du XXe siècle. Je pose l'hypothèse qu'ils permettent également de concevoir les dictatures de toujours.
Comment instaurer aujourd'hui une dictature d'un type nouveau ?
J'ai pour ce faire dégagé sept pistes : détruire la liberté ; appauvrir la langue ; abolir la vérité ; supprimer l'histoire ; nier la nature ; propager la haine ; aspirer à l'Empire. Chacun de ces temps est composé de moments particuliers.
Pour détruire la liberté, il faut : assurer une surveillance perpétuelle ; ruiner la vie personnelle ; supprimer la solitude ; se réjouir des fêtes obligatoires ; uniformiser l'opinion ; dénoncer le crime par la pensée.
Pour appauvrir la langue, il faut : pratiquer une langue nouvelle ; utiliser le double langage ; détruire des mots ; oraliser la langue ; parler une langue unique ; supprimer les classiques.
Pour abolir la vérité, il faut : enseigner l'idéologie ; instrumentaliser la presse ; propager de fausses nouvelles ; produire le réel.
Pour supprimer l'histoire, il faut : effacer le passé ; réécrire l'histoire ; inventer la mémoire ; détruire les livres ; industrialiser la littérature.
Pour nier la nature, il faut : détruire la pulsion de vie ; organiser la frustration sexuelle ; hygiéniser la vie ; procréer médicalement.
Pour propager la haine, il faut : se créer un ennemi ; fomenter des guerres ; psychiatriser la pensée critique ; achever le dernier homme.
Pour aspirer à l'Empire, il faut : formater les enfants ; administrer l'opposition ; gouverner avec les élites ; asservir grâce au progrès ; dissimuler le pouvoir.
Qui dira que nous n'y sommes pas ?
"Il y a une dictature du capitalisme" - Michel Onfray chez Bercoff
Théories de la dictature - Michel Onfray
Michel ONFRAY, "Théorie de la Dictature", abolir la vérité - Lectures pour notre temps