Dans cette interview, Georges Kuzmanovic analyse l’instauration d’un monde multipolaire : il note que le récent accord économique entre la Biélorussie et la Corée du Nord n’est qu’une extension du pacte russe‑Nord coréen, renforçant les pays sanctionnés mais pas encore un véritable bloc anti‑occidental. Il souligne que les BRICS, bien qu’une coopération économique, ne forment pas une alliance militaire, mais rejettent la domination du G7 et le pouvoir unilatéral des sanctions occidentales, surtout sur les marchés du dollar. Kuzmanovic critique l’Europe, affirmant que l’une‑unité politique manquante empêche une souveraineté géopolitique, et que l’OTAN, bien qu’un liant, masque les divergences d’intérêt entre États membres. Il avertit d’un déclin progressif de l’hégémonie américaine, indiquant que les États‑Unis resteront une puissance majeure mais sans le pouvoir de décision absolue qu’ils détenaient après 1991. Enfin, il conclut que les tensions actuelles (Ukraine, Moyen‑Orient) transformeront les États‑Unis en une force stratégique plus modérée, tout en renforçant les collaborations limitées entre les BRICS et les pays occidentaux.
Seyed M. Marandi : L’Iran lâche une bombe face au blocus américain
Dialogue Works Français — 13/05/2026
On la veille du 9 mai 2026, le professeur Marandi explique que les tensions actuelles proviennent d’une série d’attaques américaines contre deux pétroliers iraniens près du détroit d’Ormuz. Les États‑Unis ont frappé ces navires, faisant un marin tué et d’autres disparus, tandis que l’Iran a ensuite tiré des missiles et des drones, prétendument plus de peur que d’attaque réelle, sans toucher de vaisseaux militaires. L’Iran refuse de laisser traverser le détroit les paquebots des pays alliés aux États‑Unis (Qatar, Arabie Saoudite, Émirats, etc.) mais laisse passer ceux des États‑Unis et de pays neutres. L’Iran reste sur un état d’alerte maximale, conscient qu’une guerre majeure pourrait être déclenchée dans les prochains jours. Marandi souligne que le blocage de l’Ormuz met l’Europe au bord d’une crise de carburant, mais que l’Iran considère actuellement les frappes américaines comme un acte agressif, se préparant à une réponse si la situation escalade.
Pr. Ted Postol : La troisième guerre, le pire cauchemar d’Israël
Dialogue Works Français — 13/05/2026
1. Le professeur Ted Postol explique que le système d’alerte précoce israélien a subi de graves dysfonctionnements, notamment après que l’Iran a endommagé un radar UHF vital au Qatar, réduisant la capacité de détection de missiles.
2. Il détaille la chaîne de radars : le radar UHF (≈ 500 MHz) détecte de nombreux missiles mais a une précision limitée, tandis que les radars X‑band (≈ 10 GHz) offrent une meilleure résolution mais nécessitent une cible déjà identifiée; le satellite américain détecte immédiatement le lancement mais ne suit pas la trajectoire précise.
3. Les défenseurs israéliens utilisent actuellement les radars Patriot et Arrow pour compenser la perte de radars externes, mais les systèmes fonctionnent de façon bricolée et peuvent manquer de fiabilité.
4. Postol critique le Dôme de Fer, affirmant que son taux réel d’interception est bien inférieur à celui revendiqué (≈ 5 % au lieu de 87 %) et qu’il est surtout efficace contre les drones et les avions, pas contre les roquettes d’artillerie ou missiles stratégiques.
5. Il conclut que les défenses israéliennes, mal expliquées au public, créent une confusion intentionnelle afin de préserver l’image de systèmes coûteux qui ne répondent pas aux cibles pour lesquelles ils ont été conçus.
Mark Sleboda : Pourquoi les États-Unis ont fui les eaux iraniennes
Dialogue Works Français — 13/05/2026
- Mark Sleboda présente les derniers affrontements navals dans le détroit d'Ormuz, où les États‑Unis ont attaqué deux pétroliers iraniens tandis qu'Iran affirme avoir touché deux destroyers américains, mais les Américains n’en reconnaissent aucune.
- Il évoque l’enjeu géopolitique : l’Iran ne conteste pas l’état de cessez‑le‑feu, mais appelle à un nouveau « blocus croisé », apparaissant comme un jeu de poulet où chaque partie s’efforce de ne pas « toucher la falaise ».
- La vidéo souligne la présence d’armes modernes, notamment les drones FPV à fibre optique, utilisés par le Hezbollah et potentiellement fournis par la Russie, accentuant la dimension asymétrique du conflit.
- Sleboda rappelle que les sanctions américaines sont perforées, qu’un petit pourcentage de navires persiste à traverser malgré le blocus, grâce aux routes terrestres et ferroviaires de l’Iran.
- Il conclut que, contrairement aux déclarations de Trump, l’économie iranienne peut résister plusieurs mois à la pression du blocage, ce que les médias occidentaux commençent à prendre en compte.
Larry Johnson : l’Iran tire sur 3 navires US – Washington frappe Qeshm
Dialogue Works Français — 13/05/2026
L’exécutif américain a frappé trois navires iraniens dans la région de l’Ormus, provoquant une escalade où l’Iran riposte déjà deux pétroliers. Larry Johnson décrit la situation comme une progression vers une guerre totale sans négociation, soulignant que les tirs américains aux bases iraniennes et aux ports proches de Jask et Fujira augmentent le risque d’attaques iraniennes contre les États-Unis et Israël. Il rappelle que les États-Unis disposent d’une puissance aérienne mais peu de navires suffisants pour un blocus complet, ce qui limite leur capacité de pression. Johnson met en avant la division parmi les pays du Golfe: les Émirats Arabes Unis se rapprochent d’Israël et des États‑Unis, tandis que l’Arabie Saoudite, le Qatar et le Koweït restent prudents et tentent de gérer les tensions à leur manière. Il conclut que la perturbation des exportations de pétrole, de GNL, de soufre et d’hélium depuis le Golfe persique pourrait avoir un impact majeur sur l’économie mondiale pendant au moins six mois après la fin d’un éventuel conflit.
Mark Sleboda : Le piège d’Hormuz – les États-Unis sont-ils échec et mat ?
Dialogue Works Français — 13/05/2026
Dans l’interview, Mark Sleboda décrit les tensions qui ont empilé au détroit d’Ormuz ces dernières 48 heures, les États‑Unis ayant bloqué des pétroliers visant les ports iraniens, alors que l’Iran affirme avoir touché deux destroyers ; il souligne que la violence reste sous contrôle, mais peut réengager. L’orateur place le conflit dans un cadre plus large, comparant la guerre entre USA, Israël et Iran à la situation au Liban, où les puissances antisémites ont intensifié le nettoyage ethnique, et militaire circonstants. Il explique que les États‑Unis ont imposé un blocus géo‑économique, régissant le passage du pétrole, approche qu’il compare à un “jeu du poulet” où chaque camp tente de dicter la trajectoire économique. Sleboda évoque l’éventualité d’un contre‑blocus iranien, la dissipation du pétrole malgré le blocage, et la perception occidentale que l’Iran peut tenir plusieurs mois. La vidéo conclut sur la fragilité de la situation, l’incertitude quant à la prochaine escalade et l’impact de la guerre américano‑israélienne sur la région.
Pepe Escobar : Hormuz sous tension – Rial, réparations et montée des crispations
Dialogue Works Français — 13/05/2026
Pepe Escobar explique qu’un garant écrit américain ne suffit pas à rassurer un négociateur iranien : il ne faut pas faire confiance à la déclaration de Trump selon laquelle « l’opération est terminée ».
Il affirme que, malgré une libération potentielle de certains avoirs iraniens gelés, les sanctions restent en place, ce qui signifie que le conflit persiste.
Escobar souligne que la Chine et la Russie se joignent à l’Iran, soutenant politiquement et économiquement la nation face aux États‑Unis.
Il pointe également à la situation tendue au Golfe Persique, où les Émirats Arabes‑Unis et l’Arabie Saoudite restent divisés sur la prise de contact avec l’Iran, exacerbant les risques de conflit régional.
Enfin, il avertit que la guerre continue à peser sévèrement sur l’économie mondiale, notamment les pays fragiles, et que des sanctions supplémentaires ou une escalade restent possibles.
Patrick Henningsen : Une attaque contre les pétroliers iraniens déclenchera des représailles
Dialogue Works Français — 13/05/2026
Patrick Henningsen rappelle la récente confrontation entre la Marine iranienne et les États‑Unis : des forces iraniennes ont frappé un vraquier au large du Qatar, tandis qu’après les déclarations américaines des pétroliers iraniens auraient touché 5 ou 6 fast‑boats ; l’Iran a quant à lui déclaré avoir touché deux destroyers, ce que les États‑Unis réfutent. Il analyse ces actions comme des tests militaires et des stratégies de mise en scène : les attentions américaines visent surtout à influencer les marchés et l’image internationale, plutôt qu’à avancer réellement les négociations. Selon lui, les discussions restent lignes vides avec des délais imposés (24 h, 67 jours, etc.) qui n’aboutissent pas, tandis que les États‑Unis semblent incapables de tenir un accord. Il compare la situation à celle de l’Ukraine, où les États‑Unis gagnent du temps sans progresser. Il conclut que les US et Israël ne maîtrisent pas la situation, et qu’un réel accord reste improbable sans un changement radical de stratégie américaine.
Stanislav Krapivnik : Le blocus n’était qu’un début – l’Iran traque désormais les navires américains
Dialogue Works Français — 13/05/2026
1. Krapivnik explique que l’Iran a rejeté les exigences américaines de démantèlement de ses installations nucléaires et ne remettra pas d’uranium enrichi aux États‑Unis.
2. Il souligne que, malgré la pression, l’Iran continue son programme d’enrichissement d’uranium sur son sol.
3. Les sondages montrent que 62 % des Américains estiment un échec du conflit, tandis que seulement 13 % croient à la victoire américaine.
4. Le discours critique Trump, le qualifiant de mal informé et de déficit de briefing détaillé, tout en évoquant une stratégie de guerre restant en cours.
5. Krapivnik mentionne que Israël poursuit ses opérations en libye et à Gaza et que la situation reste complexe, avec des pertes humaines massives et des retombées politiques.
Scott Ritter : comment l’Iran vient d’infliger sa plus grosse défaite aux États-Unis
Dialogue Works Français — 13/05/2026
Scott Ritter affirme que les États‑Unis envisagent sérieusement de lever les sanctions sur l’Iran, ce qui inquiète Israël qui s’inquiète de la décision.
Il souligne que l’Iran ne quittera le conflit tant que les sanctions resteront, et qu’il considère avoir l’avantage en critiquant la prétendue protection du détroit d’Ormuz.
Ritter explique que les sanctions des Nations‑Unies et américaines doivent être levées, mais que la politique intérieure, notamment le Congrès républicain/démocrate, entrave cette levée.
Il préconise un virage stratégique de l’Iran vers l’Asie, s’intégrant aux organisations de Shanghai et aux BRICS pour rendre les sanctions impossibles à imposer.
Enfin, il critique la relation fil‑sioniste de l’administration Trump, indiquant que la dépendance à Israël pourrait être rompu, ce qui changerait l’équilibre de la politique étrangère américaine.
Patrick Henningsen : Qui tire vraiment les ficelles dans la crise Iran–États-Unis ?
Dialogue Works Français — 13/05/2026
- Patrick Henningsen analyse les derniers affrontements entre l’Iran et les États‑Unis et interroge qui tire réellement les ficelles de la crise.
- Il critique les déclarations américaines comme symboliques et manipulatrices, destinées à influencer les marchés et l’image de Washington.
- Il montre que les États‑Unis testent la capacité de l’Iran, imposent des délais irréalistes et font court‑circuit des négociations.
- Il place l’Iran en posture défensive, analogue au mode “Ukraine”, et doute de tout progrès concret entre les deux parties.
- Enfin, il souligne que même un éventuel accord serait fragile, compte tenu de la présence d’Israël et du manque de cohérence de l’administration Trump.
Pr. Ted Postol : 440 kg – Le compte à rebours du nucléaire iranien
Dialogue Works Français — 13/05/2026
Ted Postol explique qu’avant l’attaque américaine de juin 2025, l’Iran produisait plus de 400 centrifugeuses mensuellement, fonction elle il est difficile de savoir combien sont désormais cachées dans des tunnels. Il soutient que les Iraniens pourraient encore réaliser 10‑11 missiles nucléaires si l’on enrichit rapidement l’hexafluorure d’uranium déjà à 60 %, en utilisant des concepts d’armes à assemblage par canon, qu’il juge techniques et facilement réalisables sans test total. Postol critique le Bulletin of the Atomic Scientists pour avoir déclaré à tort que les armes seraient trop lourdes pour les missiles iranien, affirmant que la capacité de transport est bien disponible. Il insiste sur l’importance d’obtenir des données précises afin d’éviter la désinformation et de pouvoir engager les Iraniens dans un dialogue, plutôt que de supposer qu’ils n’ont pas la capacité. Enfin, il souligne que la logique d’enrichissement — de 50 % à 100 % — est beaucoup plus simple que de 0 % à 50 %, indiquant que la production nucléaire peut rapidement accélérer si les ressources sont disponibles.
John Helmer : L’Iran a osé l’impensable – la riposte de la Chine à Trump
Dialogue Works Français — 13/05/2026
John Helmer explique que Donald Trump a reçu un document iranien tardivement, après quatre jours, qu’il jugeait peu substantiel.
Le document, issu d’un plan en 14 points (un plan initial de 10 points + des prérequis), se concentre sur un cessez‑le‑feu durable, la construction de confiance et les questions nucléaires.
Il souligne que Trump ne lit pas l’original, se contente de résumés et ne saisit pas les trois étapes proposées par l’Iran.
Helmer précise que la Chine soutient l’approche par étapes de l’Iran, tandis que les États‑Unis, par le biais de Witkov et Kushner, sont perçus comme peu fiables par le camp iranien.
Il mentionne enfin la visite russe en Chine et l’absence de critique russe quant aux actions américaines, soulignant la complexité géopolitique de la situation.
Larry Johnson : « Totalement inacceptable » – Puis l’Iran fait l’impensable
Dialogue Works Français — 13/05/2026
Larry Johnson reprend le discours sur la guerre entre les États‑Unis, Israël et l’Iran, citant les déclarations de Netanyahu et Trump qui affirment que la guerre est « non terminée » et que les États‑Unis ont accompli environ 70 % de leurs objectifs. Il soutient que cette affirmation est trompeuse, soulignant que l’Iran a renforcé sa puissance militaire et ses alliances avec la Russie et la Chine, tout en paralygeant l’économie mondiale via le détroit d’Ormuz. Johnson insiste sur le fait que la position iranienne n’a pas changé et que les États‑Unis continuent d’attendre à la mésestime de la situation. Il remet en cause