« Nous les attendons de pied ferme » : l'interview intégrale du Ministre des affaires étrangères iranien

Le Cri des Peuples

mars 08, 2026

Interview du ministre iranien des Affaires étrangères Sayed Abbas Araghchi le 6 mars 2023.



Source : NBC News

Traduction : lecridespeuples.substack.com

Note : les parties que nous retranscrivons en italique n’ont pas été diffusées dans l’émission en direct à la télévision, et ne semblent accessibles que sur la vidéo intégrale publiée sur Youtube.
Parmi nos publications heure après heure sur Twitter des communiqués de l’Axe de la Résistance et vidéos de leurs opérations, nous signalons en particulier :

Vidéo originale :
Vidéo résumé en version française par... :

Transcription :

Journaliste : Monsieur le ministre Araghchi, merci de nous accorder votre temps. Qui dirige exactement l’Iran en ce moment ?

Ministre des Affaires étrangères : Merci de me recevoir dans votre émission, Tom. Je pense que le système fonctionne très bien. Nous avons perdu notre Guide suprême, mais selon notre Constitution, un Conseil assume désormais ses fonctions. Ensuite, le Président, le gouvernement, les ministres, tout le monde est en place. Le système fonctionne donc parfaitement, et chacun exerce ses responsabilités.

Journaliste : Nous savons qu’un Conseil a été constitué pour assumer les fonctions du Guide suprême, mais nous savons aussi qu’un processus de sélection est en cours pour désigner le prochain ayatollah. Certaines informations indiquent que le fils de l’ayatollah Khamenei serait favori. Est-ce exact ?

Ministre des Affaires étrangères : Je ne dispose pas d’informations précises. Il y a beaucoup de rumeurs, mais nous devons attendre que l’Assemblée des experts choisisse un nouveau Guide suprême. Ces experts sont eux-mêmes élus par le peuple tous les 6 ans, et ils rempliront leur devoir en élisant un nouveau Guide Suprême. Comme je l’ai dit, il y a de nombreuses rumeurs, mais personne ne peut prédire qui sera élu en fin de compte.

Journaliste : Si aucun ayatollah n’a encore été choisi, savez-vous quand le nouvel ayatollah sera désigné ?

Ministre des Affaires étrangères : Eh bien, vous savez, il existe une procédure prévue par la Constitution et cela peut prendre quelques jours avant d’être finalisé. Bien sûr, nous ne sommes pas dans une situation ordinaire. Une guerre est en cours — une guerre qui nous a été imposée — et des mesures extraordinaires ont été prises pour des raisons de sécurité. Cela peut donc prendre un peu plus de temps, mais le processus est en cours et c’est à l’Assemblée qu’il revient de prendre la décision finale.

Journaliste : Le monde a vu votre navire de guerre couler dans l’océan Indien. Des dizaines de marins iraniens ont péri. Votre réaction a été, je cite : « Croyez-moi, les États-Unis regretteront amèrement le précédent qu’ils ont créé. » Alors, que va faire l’Iran ? Et à ce stade, compte tenu de l’état actuel de votre armée, que pouvez-vous faire ?

Ministre des Affaires étrangères : Tout d’abord, il s’agissait d’un navire-école de la marine, invité par la marine indienne à participer à un exercice. L’équipage s’y est rendu en tant qu’invité de l’Inde et a pris part à cet exercice. Le navire était ensuite sur le chemin du retour. Il n’était pas armé. Attaquer un navire non armé, rempli d’officiers et de marins en formation, constitue — je dois le dire — un crime de guerre.

Journaliste : Monsieur le ministre, excusez-moi, mais quelle armée autoriserait un navire de guerre à prendre la mer sans armes à bord ?

Ministre des Affaires étrangères : Parce que l’objectif n’était pas de mener une opération de combat. Ils se rendaient à un exercice organisé par la marine indienne. De nombreux autres invités y ont participé. Tout se déroulait dans un cadre pacifique : il s’agissait d’un programme de formation. Ils n’avaient donc pas besoin d’armes. En réalité, ils se sont rendus là-bas bien avant le début de la guerre.

Lorsque j’ai dit que les États-Unis le regretteraient, je voulais dire qu’ils ont malheureusement créé un précédent contraire au droit international et qui porterait atteinte à l’ensemble du droit international de la mer. Lorsqu’un navire non armé est attaqué sans raison et que de nombreux marins sont tués sans avoir participé à un quelconque combat, cela crée un précédent extrêmement dangereux.

Journaliste : Les États-Unis affirment contrôler le ciel (iranien) et indiquent que les attaques de missiles balistiques iraniens ont diminué de plus de 80 %. Les États-Unis disent avoir frappé plus de 2 000 cibles iraniennes. Selon le Pentagone, l’Amérique est en train de remporter une victoire décisive. Pensez-vous qu’ils se trompent ?

Ministre des Affaires étrangères : Je pense que, six jours après le début de la guerre, il est clair que les États-Unis n’ont pas atteint leur objectif principal, qui était une victoire rapide et nette. Ils n’y sont pas parvenus. Ils tentent maintenant de justifier les raisons pour lesquelles ils nous ont attaqués. Ils ont avancé de nombreux arguments différents, mais aucun n’a convaincu. À présent, ils parlent d’un « plan B ». Et je pense que ce plan B serait un échec encore plus grand.

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Journaliste : Mais Monsieur le ministre, votre Guide suprême a été tué. Vos plus hauts responsables militaires ont été tués. Vos installations militaires ont été bombardées. Comment pouvez-vous qualifier cela d’échec ?

Ministre des Affaires étrangères : La question est la suivante : quel était leur objectif ? Ils sont venus pour provoquer un changement de régime. Ils sont venus pour obtenir une victoire rapide afin de pouvoir tout contrôler. Mais ils ont échoué. Le système fonctionne. Les commandants ont été remplacés. Et le Guide suprême sera bientôt remplacé, conformément aux procédures prévues par la Constitution. Tout est donc en ordre. Oui, nous avons été pris pour cible. Mais nous avons également frappé de nombreuses cibles en Israël, ainsi que de nombreuses cibles appartenant aux Américains : leurs installations, leurs bases et leurs infrastructures dans la région. Et ils n’ont pas été capables d’empêcher ces attaques. Nos missiles fonctionnent toujours. Ils sont toujours opérationnels et, comme vous le savez, ils atteignent leurs cibles avec une grande précision.

Journaliste : Monsieur le ministre, l’Iran peut-il gagner cette guerre ? Si je peux vous poser la question ainsi : l’Iran peut-il gagner cette guerre ? Et à quoi ressemblerait une victoire pour l’Iran ?

Ministre des Affaires étrangères : Eh bien, il n’y a pas de vainqueur dans cette guerre. Pour nous, la victoire consiste à être capables de résister à leurs objectifs illégaux, et c’est ce que nous avons fait jusqu’à présent. Ils n’ont pas réussi à atteindre leur objectif. Et nous avons réussi à leur résister, à tenir tête à ce qu’ils présentent comme l’armée la plus puissante, ainsi qu’aux Israéliens, qui affirment eux aussi disposer d’une grande armée. Ces deux pays possèdent l’arme nucléaire. Et pourtant, le peuple iranien et les forces armées iraniennes ont réussi à leur tenir tête. Ils ne sont pas parvenus à nous empêcher de tirer des missiles vers Israël et vers d’autres cibles. Mais nous nous en sortons vraiment très bien, et ils n’ont pas réussi à nous arrêter. Pour nous, c’est cela, la victoire.

Journaliste : Monsieur le ministre, expliquez-nous — et expliquez au monde entier. L’Iran a choisi d’attaquer au moins dix autres pays. Beaucoup d’entre eux sont vos voisins arabes. Aucun d’entre eux n’était impliqué dans cette guerre. Pourquoi attaquez-vous vos voisins musulmans pendant le mois sacré du ramadan ?

Ministre des Affaires étrangères : Il ne faut pas se méprendre : nous n’avons pas attaqué nos voisins, et nous n’avons pas attaqué des pays musulmans. Nous avons frappé des cibles américaines, des bases américaines et des installations américaines qui se trouvent malheureusement sur le territoire de nos voisins. Nous leur avons donc clairement expliqué la situation. J’ai été en contact avec leurs ministres des Affaires étrangères et je leur ai expliqué que nous ne les visons pas. Nous n’avons aucun problème avec eux. Nous visons uniquement les installations et les bases américaines.

Journaliste : Mais Monsieur le ministre — l’Iran frappe des cibles civiles : des hôtels, des immeubles d’habitation de grande hauteur, des aéroports dans plusieurs de ces pays. Ce ne sont pas des cibles militaires.

Ministre des Affaires étrangères : Non, nous avons visé les endroits où se trouvent les Américains. Il y a peut-être eu des dommages collatéraux, comme dans toute guerre. Regardez : plus de 70 000 personnes ont été tuées à Gaza par les Israéliens, et l’armée israélienne a qualifié toutes ces victimes de dommages collatéraux. Donc oui, il peut y avoir des dommages collatéraux dans cette situation également.

C’est ce que nous avions annoncé à l’avance à tous les pays de la région : si les États-Unis nous attaquent, nous n’aurons d’autre choix que de frapper leurs installations situées sur votre territoire. Et alors tout pourrait échapper à tout contrôle. Dans ce cas, la guerre deviendrait un désastre pour toute la région.

C’est ce sur quoi nous avons averti. Et beaucoup d’autres ont également formulé cet avertissement. De nombreux Américains ont aussi mis en garde l’administration américaine : ne répétez pas la même erreur que par le passé dans notre région. Et pourtant, c’est ce qu’ils ont fait. Cette guerre n’est pas la nôtre. Ce n’est pas notre choix. C’est une guerre de choix menée par les États-Unis, et c’est eux qui doivent être tenus pour responsables de toutes ces destructions.

Journaliste : Le ministre de l’OTAN a déclaré avoir abattu un missile iranien qui, selon la Turquie, se trouvait dans son espace aérien. Êtes-vous en train de vous créer de nouveaux ennemis chaque jour ?

Ministre des Affaires étrangères : Eh bien, vous savez, notre armée a nié avoir tiré le moindre missile vers la Turquie ou ailleurs.

Journaliste : Il existe une vidéo du missile. On voit clairement le missile au sol. L’OTAN affirme qu’il a été tiré par l’Iran.

Ministre des Affaires étrangères : Eh bien, il n’y a aucune raison pour que nous tirions, vous savez, un missile vers la Turquie, qui est, vous le savez, un bon voisin pour nous. De même, il n’y a aucune raison d’envoyer, vous savez, des drones vers l’Azerbaïdjan. Nous enquêtons pour déterminer ce qui a pu mal se passer concernant ces missiles ou ces drones. Peut-être viennent-ils d’ailleurs. Peut-être quelque chose s’est-il mal passé. Mais nous n’avons absolument aucune intention d’attaquer la Turquie, l’Azerbaïdjan ou tout autre pays voisin. En revanche, nous viserons certainement les bases et installations américaines dans la région, où qu’elles se trouvent.

Journaliste : Monsieur le Ministre, vous avez déclaré avant le début de cette crise que, si l’Iran était attaqué, le champ de bataille s’élargirait. Or, vous êtes en train d’élargir ce champ de bataille. Plusieurs pays, comme je l’ai mentionné, ont été touchés. L’objectif de l’Iran est-il d’attaquer ces autres pays afin de faire pression sur les États-Unis pour qu’ils cessent de bombarder l’Iran ?

Ministre des Affaires étrangères : Non, non, non. Ce n’est pas notre objectif. Vous savez, notre guerre est contre les États-Unis. Les États-Unis nous attaquent, vous savez, quotidiennement, heure après heure. Et nous nous défendons. Comment pouvons- nous nous défendre lorsque nous ne pouvons pas atteindre le territoire américain ? Nous faisons ce que nous pouvons : nous attaquons les bases américaines qui nous entourent dans la région et qui sont dispersées dans toute cette région. C’est là, vous savez, la conséquence naturelle de cette guerre. C’est la nature même de cette guerre.

Les États-Unis nous attaquent. Ils tuent notre peuple. Ils frappent nos écoles. Dans un seul cas, 171 écolières ont été tuées par une attaque américaine. Ensuite, ils ont attaqué nos hôpitaux. Aujourd’hui, ils ont attaqué, vous savez, le stade (olympique d’Azadi à Téhéran, le plus grand complexe sportif du pays) et ils ont même commencé à attaquer nos municipalités, nos commissariats de police locaux — absolument tout. Alors comment pourrions-nous nous protéger, comment pourrions-nous nous défendre autrement qu’en attaquant les installations et les biens américains dans la région, où qu’ils se trouvent ?

Journaliste : Monsieur le Ministre, vous décrivez vous-même une situation très sombre en Iran : des bâtiments gouvernementaux bombardés, même des stades sportifs bombardés, des commissariats de police bombardés. Combien de temps l’Iran pourra-t-il tenir ?

Ministre des Affaires étrangères : [Rires] Eh bien, nous nous défendrons aussi longtemps qu’il le faudra. Il est évident que nous sommes victimes d’un acte d’agression et que ce que nous faisons relève de la légitime défense. Nous avons parfaitement le droit de nous défendre. En même temps, nous avons réussi à frapper des cibles en Israël ainsi que des bases américaines, qui ont elles aussi subi de lourds dégâts. Vous savez, il existe des images des dommages qu’ils ont subis. Des dégâts ont été infligés. Bien sûr, c’est une guerre — et dans toute guerre, il y a de nombreux dommages des deux côtés.

Journaliste : Mais, Monsieur le Ministre, les dégâts en Iran sont manifestement bien plus importants. N’est-ce pas ? On parle d’une douzaine de victimes hors d’Iran, dont six militaires américains. Alors qu’en Iran, des informations font état de près d’un millier de morts, sans compter toutes ces installations gouvernementales, vos dirigeants, les infrastructures et bâtiments publics touchés. À l’heure actuelle, ce n’est pas une bataille équilibrée. Êtes-vous d’accord ?

Ministre des Affaires étrangères : Eh bien, regardez aussi les dégâts à l’intérieur d’Israël. Ils ont été durement frappés par nos attaques. Bien sûr, ils contrôlent leurs médias. Ils ne publient donc pas, vous savez, les images des destructions. Mais c’est la guerre. Oui, nous avons subi des dégâts. Mais nous sommes, vous savez, ceux qui défendent leur dignité — et notre dignité est plus importante que tout le reste, tout comme notre indépendance. Nous sommes prêts à payer le prix nécessaire pour protéger notre souveraineté, notre intégrité territoriale et notre dignité.

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C’est ce que nous faisons actuellement. Et c’est ce que nous avons fait la dernière fois, en juin 2025, lorsque, après douze années de résistance, nous avons finalement contraint notre ennemi demander un cessez-le-feu inconditionnel. Et cela se reproduira également cette fois-ci.

Journaliste : Attendez, Monsieur le Ministre. Permettez-moi de vous interrompre : êtes-vous en train de dire que l’Iran va demander un cessez-le-feu ?

Ministre des Affaires étrangères : Non. Nous n’avons pas demandé de cessez-le-feu — même la dernière fois. C’est Israël qui a demandé un cessez-le-feu. Ils ont demandé un cessez-le-feu inconditionnel. Après douze jours durant lesquels nous avons résisté à leur agression. Au début de la guerre, ils voulaient nous encercler. Ils voulaient notre capitulation. Mais nous avons continué à nous défendre. Nous avons continué à les frapper avec nos missiles. Ensuite, ce sont eux qui ont d’abord demandé l’aide des États-Unis. Puis ils ont demandé un cessez-le-feu inconditionnel. C’est Israël qui a demandé le cessez-le-feu, pas nous. Encore une fois.

Journaliste : Monsieur le Ministre, pour être honnête, l’Iran a aussi indiqué qu’il cesserait les tirs. Pour être honnête, vous l’avez bien laissé entendre.

Ministre des Affaires étrangères : Non, non, non, non. Je n’ai jamais indiqué cela — ni la dernière fois, ni cette fois-ci. C’est Israël qui a demandé un cessez-le-feu, et nous étions en train de nous battre. Ce sont les Américains qui m’ont contacté pour me demander d’arrêter la guerre. Ils m’ont dit qu’Israël était prêt à mettre fin à son agression et ils nous ont demandé, s’il vous plaît, d’arrêter également — et nous avons accepté la dernière fois. Mais cela ne se reproduira pas cette fois-ci. Il ne s’agit pas de répéter chaque année le même scénario : ils nous attaquent, ils tuent notre peuple, ils détruisent nos villes, puis ils demandent un cessez-le-feu. Non — cette fois-ci, c’est différent. Cette fois-ci, il doit y avoir une fin à la guerre et aux hostilités. Nous n’accepterons pas de cessez-le-feu tant qu’ils n’auront pas reconnu leur responsabilité dans les dommages qu’ils nous ont causés et garanti que ce scénario ne se reproduira pas à l’avenir. Cette fois-ci, c’est différent. Nous résisterons jusqu’au bout, et nous en sommes capables. Nous ne demandons pas de cessez-le-feu. Telle est notre position, et nous n’avons jamais envoyé aux Américains le moindre signal en faveur d’un cessez-le-feu.

Journaliste : À l’heure actuelle, vous dites que l’Iran ne veut pas de cessez-le-feu.

Ministre des Affaires étrangères : Nous ne demandons pas de cessez-le-feu. Et nous ne voyons aucune raison de négocier avec les États-Unis alors que nous avons déjà négocié avec eux à deux reprises et que, chaque fois, ils nous ont attaqués au milieu des négociations. Nous ne demandons donc pas de cessez-le-feu. Et nous ne demandons pas non plus de négociation avec les États-Unis. Nous ne leur avons jamais envoyé de message.

Journaliste : Monsieur le ministre, vous avez dit que l’Iran ne pouvait pas atteindre le territoire américain — le sol des États-Unis — avec les armes dont vous disposez actuellement. Existe-t-il une autre raison pour laquelle les Américains devraient craindre que l’Iran attaque leur territoire ?

Ministre des Affaires étrangères : Non. Ils ont déjà suffisamment de bases autour de nous. Pourquoi devrions-nous aller plus loin ? Ils ont suffisamment de soldats, suffisamment de moyens militaires, et suffisamment de bases et d’installations militaires dans la région. Nous n’avons donc pas besoin d’aller au-delà.

Journaliste : Le détroit d’Ormuz n’a pas été fermé, mais la menace de sa fermeture a perturbé l’économie internationale. Si cette guerre se poursuit, l’Iran tentera-t-il de fermer le détroit d’Ormuz ?

Ministre des Affaires étrangères : Nous ne l’avons pas fermé. Ce sont les navires et les pétroliers qui n’essaient pas de traverser le détroit, parce qu’ils craignent d’être touchés par l’un ou l’autre camp. Nous n’avons donc pas l’intention de le fermer pour l’instant. Mais si la guerre se poursuit, nous envisagerons tous les scénarios. Pour le moment, nous ne l’avons pas fait. Mais le détroit est presque vide de navires et de pétroliers du fait de leur inquiétude.

Journaliste : Dans cette guerre, les pétroliers internationaux sont-ils des cibles potentielles pour l’Iran ?

Ministre des Affaires étrangères : Non. Pourquoi devraient-ils être pris pour cible ? Pourquoi s’en prendre à eux ?

Journaliste : Mais l’Iran a menacé les pétroliers dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a déjà menacé de les incendier.

Ministre des Affaires étrangères : Non, nous ne les avons pas menacés. Vous savez, ils sont eux-mêmes préoccupés et n’utilisent pas le détroit d’Ormuz, parce qu’ils craignent d’être frappés par l’un ou l’autre camp.

Journaliste : L’Iran est-il actuellement en contact, par des voies officieuses, avec des responsables américains ?

Ministre des Affaires étrangères : Non.

Journaliste : N’y a-t-il aucune communication entre vous et Steve Witkoff ou Jared Kushner ?

Ministre des Affaires étrangères : Non, non, pas depuis jeudi, date de notre dernière rencontre. Nous nous sommes rencontrés jeudi dernier et nous avons négocié pendant près de sept heures. Ils étaient très satisfaits lorsqu’ils ont quitté la table des négociations, parce que nous avions réussi à réaliser des progrès significatifs. Le ministre des Affaires étrangères d’Oman l’a d’ailleurs indiqué dans sa déclaration — déclaration qu’il a faite confirmer par les deux parties, qui se sont accordées sur les termes utilisés. Nous avons réellement accompli des progrès importants. Nous étions satisfaits lorsqu’ils sont partis, mais je ne sais pas ce qui s’est passé après leur départ de Genève…

Journaliste : Oui, Monsieur le Ministre — excusez-moi — le président Trump a déclaré que l’Iran refusait tout simplement d’accepter une condition fondamentale, à savoir qu’il ne chercherait pas à fabriquer une arme nucléaire. C’est ce qu’a affirmé le président Trump. Est-ce ainsi que vous comprenez l’échec des négociations ?

Ministre des Affaires étrangères : Eh bien non. Ce n’est vraiment pas compréhensible. Je ne comprends pas pourquoi le président Trump répète cela. Nous l’avons dit à de nombreuses reprises. Cela a été affirmé par notre défunt Guide suprême, cela a été dit à maintes reprises par notre président, et je l’ai moi-même répété lors des négociations. En réalité, le premier principe sur lequel nous nous sommes entendus était que l’Iran ne chercherait jamais, au grand jamais, à se doter d’armes nucléaires, conformément à sa doctrine de sécurité et à la fatwa du Guide suprême.

Je l’ai dit à plusieurs reprises et je leur ai expliqué que cela pourrait constituer la première phrase de tout accord : l’Iran s’engage à ne pas chercher à se doter d’armes nucléaires. Et il s’agit d’un engagement permanent — sans date d’expiration. C’est quelque chose que je leur ai dit très clairement et très explicitement. Il ne peut donc y avoir aucun doute à ce sujet.

Journaliste : Monsieur le Ministre, sur ce point : si telle est la promesse que vous avez faite, l’Iran autoriserait-il les inspecteurs à accéder à toutes ses installations nucléaires et à faire leur travail, ce qu’il a empêché la dernière fois ?

Ministre des Affaires étrangères : Bien sûr, bien sûr. Nous sommes prêts à donner, vous savez, un accès complet à l’Agence pour qu’elle puisse effectuer ses vérifications et son contrôle. C’est ce que nous avons fait par le passé. Nous sommes un membre engagé du TNP. La seule fois où nous n’avons pas autorisé les inspecteurs à venir visiter nos installations, c’était après l’attaque de juin dernier contre nos installations nucléaires et nous…

Journaliste : Monsieur le Ministre, non, Monsieur le Ministre — les inspecteurs ont même déclaré, Monsieur le Ministre, avant que cela ne commence, qu’ils n’avaient pas un accès complet. Ils l’ont dit publiquement, devant le monde entier, et cela est documenté.

Ministre des Affaires étrangères : Non, non, non. Ce n’est pas vrai. Montrez-moi ce document.

Avant la guerre — avant la guerre de l’an dernier — nous avons donné à l’Agence l’accès requis conformément à nos engagements dans le cadre du TNP et de l’accord de garanties. Après la guerre, nous avons indiqué à l’Agence qu’un nouveau protocole devait être établi pour déterminer comment enquêter et inspecter une installation nucléaire ayant été attaquée, car l’Agence elle-même nous a dit qu’il n’existait aucun protocole dans ce cas, puisqu’il n’y avait aucun précédent.

Il n’existe donc aucune modalité, aucun protocole définissant la manière d’inspecter une installation qui a été bombardée. Une installation nucléaire bombardée nécessite certains paramètres avant toute inspection : il existe un risque de radiation, un risque de problèmes environnementaux, ainsi qu’un risque lié à des bombes qui n’auraient pas explosé. Nous avions donc besoin d’une modalité, et nous avons travaillé avec l’Agence afin d’établir cette modalité. Donc, à part cela…

Journaliste : Sur ce point, Monsieur le Ministre — oui, sur ce point — les installations nucléaires iraniennes sont-elles actuellement sécurisées ? Et les stocks nucléaires iraniens sont-ils également en sécurité à l’heure actuelle ?

Ministre des Affaires étrangères : Eh bien, nos stocks se trouvent sous les décombres. Nous n’y avons pas touché depuis la guerre de juin dernier. Et nous avons toujours dit à nos interlocuteurs, ainsi qu’à l’Agence, que lorsque nous parviendrons à un accord, la première chose que nous ferons sera de permettre à l’Agence de récupérer les matières présentes sous les décombres, sous sa supervision et son contrôle, afin qu’elle puisse vérifier quelle est la situation actuelle de ces matières.

Écoutez, nous sommes un membre engagé du TNP, notre programme est pacifique et nous n’avons aucun problème à instaurer la confiance quant à la nature pacifique de notre programme. C’est également ce que j’ai dit à nos interlocuteurs américains : lorsque nous parviendrons à un accord, nous veillerons à ce que l’Iran ne se lance jamais dans la fabrication d’armes nucléaires. Nous veillerons à ce que l’Agence puisse procéder à une vérification complète et nous lui donnerons accès à nos installations. Donc nous ne…

Journaliste : Comme vous le savez, le président Trump —car je veux revenir à la guerre, excusez-moi (de vous interrompre)— n’a pas exclu l’envoi de troupes au sol en Iran. Craignez-vous une invasion américaine dans votre pays ?

Ministre des Affaires étrangères : (Avec un sourire) Non, nous les attendons (de pied ferme).

Journaliste : (incrédule) Vous attendez que l’armée américaine envahisse votre pays ? Des troupes terrestres ?

Ministre des Affaires étrangères : Oui. Parce que nous sommes convaincus que nous pouvons leur faire face, et que ce serait un grand désastre pour eux.

Journaliste : Vous dites donc que l’Iran est prêt et disposé à affronter l’armée américaine s’il devait y avoir des troupes au sol ?

Ministre des Affaires étrangères : Eh bien, nous étions prêts pour cette guerre, encore plus que pour la précédente. Vous pouvez constater la qualité de nos missiles et à quel point ils ont été améliorés depuis la dernière guerre, parce que nous en avons tiré de nombreux enseignements. Et nous sommes prêts à toute éventualité, même à une invasion terrestre. Nos soldats sont donc préparés à n’importe quel scénario. Quand j’ai dit que nous les attendions, cela ne signifie pas que nous attendons la poursuite de la guerre. Non. Cela veut dire que nous nous sommes préparés à faire face à n’importe quel scénario, à toute éventualité, à toute possibilité — et nous savons que nous pouvons y faire face.

Journaliste : Vos alliés — la Russie et la Chine — vous aident-ils ?

Ministre des Affaires étrangères : Eh bien, ils nous soutiennent politiquement et autrement.

Journaliste : Vous soutiennent-ils militairement ?

Ministre des Affaires étrangères : La coopération militaire entre l’Iran et la Russie n’est pas un secret. Nous avons travaillé ensemble dans le passé, et cela s’est poursuivi — et se poursuivra, je suppose.

Journaliste : Vous aident-ils activement dans cette guerre ?

Ministre des Affaires étrangères : Eh bien, ils nous ont toujours aidés.

Journaliste : Dois-je comprendre par là que, oui, ils vous assistent activement dans cette guerre ?

Ministre des Affaires étrangères : Je ne vais pas entrer dans les détails de notre coopération avec d’autres pays en pleine guerre.

Journaliste : Nous avons entendu dire qu’en ce moment même, en Iran, le gouvernement coupe l’accès à Internet. Pourquoi empêchez-vous la population iranienne d’accéder à l’information alors que cette crise est en cours ?

Ministre des Affaires étrangères : Eh bien, ce n’est pas le cas. Presque tous les Iraniens ont accès aux réseaux sociaux. Dans certains cas, pour des raisons de sécurité, nous avons restreint l’accès à Internet. N’oubliez pas que nous sommes au milieu d’une guerre — une guerre très étendue — et que la guerre a ses propres règles et procédures.

Journaliste : Mais pourquoi restreindre les communications alors que les habitants de votre pays peuvent avoir besoin d’informations pour se mettre en sécurité ?

Ministre des Affaires étrangères : Les communications ne sont pas coupées. Tous les réseaux sociaux fonctionnent ici et les gens restent connectés. Comme je l’ai dit, il peut arriver que, pour des raisons de sécurité — afin de protéger notre population et nos installations — nous limitions l’accès à Internet. Mais, comme je l’ai indiqué, nous sommes en pleine guerre et nous avons parfaitement le droit d’imposer certaines restrictions afin de protéger nos intérêts.

Journaliste : Nous savons que des habitants en Iran ont reçu des SMS du gouvernement leur demandant de ne pas sortir dans les rues. Craignez-vous que le gouvernement soit renversé ?

Ministre des Affaires étrangères : Non, nous n’avons pas envoyé ces messages. Bien sûr, lorsqu’il existe un risque de bombardements ou d’attaques menées par des avions américains ou israéliens, nous demandons aux gens de rester dans leurs abris, de rester chez eux et de ne pas se rendre dans des zones dangereuses. C’est tout à fait normal. Encore une fois, nous sommes en guerre et nous devons veiller à la sécurité de notre population.

Journaliste : Vous avez vu ces manifestations massives. Le monde entier les a vues également. Selon certaines informations, des dizaines de milliers d’Iraniens — jusqu’à 42 000 — auraient été arrêtés, des centaines auraient été tués, et même des enfants auraient été emprisonnés. L’Iran n’est-il pas actuellement à un moment critique ? Le gouvernement craint-il que la fin soit proche ?

Ministre des Affaires étrangères : (Rires) Nous ne sommes absolument pas inquiets. Nous avons connu dix jours de manifestations au début du mois de janvier, puis, pendant trois jours — du 8 au 10 — nous avons fait face à des opérations terroristes. Nous avons été en mesure de gérer cette situation et d’y mettre fin.

Depuis lors, l’environnement est très calme. Il ne faut pas se fier aux rassemblements ou aux manifestations organisés en dehors de l’Iran ; à l’intérieur du pays, tout est en ordre et la vie suivait son cours avant que les Américains ne nous attaquent. Aujourd’hui, la population soutient le gouvernement et le système. Il existe désormais une plus grande solidarité sociale entre les gens. On peut voir de nombreuses personnes dans les rues, de jour comme de nuit, pour participer aux cérémonies de deuil en hommage au défunt Guide suprême. Nous n’avons donc aucun problème et nous ne sommes absolument pas nerveux.

Journaliste : Nous avons vu qu’une école d’enfants a été frappée en Iran. Nous savons que plus de 150 personnes sont mortes. Beaucoup d’entre elles étaient des enfants. Les États-Unis disent mener une enquête. Disposez-vous de preuves concernant l’origine de ce missile ?

Ministre des Affaires étrangères : Les détails font actuellement l’objet d’une enquête menée par notre armée. Mais il est clair que l’école a été frappée par des missiles américains, et frapper une école constitue un crime de guerre.

Journaliste : Comment pouvez-vous affirmer cela ? Disposez-vous de preuves que vous pouvez montrer au monde entier ?

Ministre des Affaires étrangères : Je dois demander à nos forces armées de rendre ces éléments publics.

Journaliste : Et comment savez-vous qu’il s’agissait d’un missile américain ?

Ministre des Affaires étrangères : C’est ce qu’a indiqué notre armée. Il s’agit donc soit des États-Unis, soit d’Israël. Quelle est la différence ?

Journaliste : Cela ne pourrait-il pas être un missile iranien dévié, un tir iranien qui aurait mal tourné ?

Ministre des Affaires étrangères : Un missile iranien ? (Rires) Non. Même les autorités américaines ont reconnu que c’étaient elles qui avaient attaqué cette installation. Il suffit de regarder…

Journaliste : L’armée américaine n’a pas encore fait cette déclaration. Elle a simplement indiqué qu’elle menait une enquête.

Ministre des Affaires étrangères : Ils enquêtent et ils devront admettre que c’est eux qui ont pris cette école pour cible.

Journaliste : D’accord. À l’instant, nos producteurs m’indiquent que des témoins affirment entendre plusieurs explosions à Téhéran en ce moment même. Les entendez-vous ?

Ministre des Affaires étrangères : Je ne les entends pas pour le moment. Oui, j’ai déjà entendu ces explosions auparavant, mais à l’instant où nous parlons, je ne les entends pas.

Journaliste : Vous ne les entendez pas ? Avez-vous reçu des informations sur les derniers dégâts à Téhéran aujourd’hui et cette nuit ?

Ministre des Affaires étrangères : D’après ce que m’ont indiqué nos autorités aujourd’hui, certaines municipalités ainsi que certaines installations militaires ont été frappées. Mais cela est, vous savez, tout à fait compréhensible. Nous sommes en guerre. Nous visons des bases militaires israéliennes et américaines, et elles nous attaquent également.

Je dois insister une nouvelle fois : nous nous défendons contre l’agression des Américains et des Israéliens. Il s’agit d’un acte d’agression contre nous. Cette agression est injustifiée, non provoquée, illégale et injustifiable.

Ce que nous faisons, en revanche, est absolument légal et légitime.

Journaliste : Alors que nous sommes ici en train de discuter, Monsieur le Ministre, une grande partie de la direction iranienne a été tuée. Craignez-vous pour votre propre vie ?

Ministre des Affaires étrangères : En temps de guerre, tout le monde peut craindre pour sa vie. Mais, vous savez, je fais mon travail, j’accomplis mon devoir. Et je serais honoré si mon sang devait être versé pour mon pays. Pour l’instant, toutefois, je n’ai pas cette crainte. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous protéger et je continue simplement d’accomplir mon devoir en défendant les intérêts de mon pays — et je continuerai à le faire.

Journaliste : Pouvez-vous confirmer si l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad est toujours en vie ?

Ministre des Affaires étrangères : Pour être honnête avec vous, je ne dispose d’aucune information précise. J’ai entendu des rumeurs il y a trois ou quatre jours selon lesquelles il aurait pu être touché par des missiles, mais je n’ai aucune confirmation.

Journaliste : Personne au sein du gouvernement iranien n’a eu de ses nouvelles ? Personne ne peut confirmer qu’il est encore en vie ?

Ministre des Affaires étrangères : Vous parlez de M. Ahmadinejad ?

Journaliste : Oui.

Ministre des Affaires étrangères : Comme je l’ai dit, je n’ai aucune information précise.

Journaliste : Monsieur le Ministre, la Maison-Blanche verra probablement cette interview. Quel message souhaitez-vous adresser au président Trump ?

Ministre des Affaires étrangères : Mon message est simple : leur plan A visant à obtenir une victoire rapide et nette en Iran a échoué. Nous avons entendu dire qu’ils envisagent un plan B. Je suis convaincu que ce plan B se solderait par un échec encore plus retentissant. Ils ont perdu l’occasion de conclure un accord — un bon accord. Ils l’ont perdue pour des raisons que j’ignore, pour diverses raisons. Il n’existe donc aucun moyen pour eux de gagner cette guerre. Quel que soit le temps que cela prendra, nous résisterons. Ils feraient donc mieux de mettre fin à cette guerre et de cesser de tuer notre peuple.

Journaliste : Avez-vous un message à adresser au peuple américain ?

Ministre des Affaires étrangères : Au peuple américain, je dirais que cette guerre est absolument inutile. Ils y sont entraînés par ceux qui veulent placer Israël en priorité et reléguer l’Amérique en dernier.

Journaliste : Qui dirige l’armée en ce moment, Monsieur le Ministre ?

Ministre des Affaires étrangères : Comment ?

Journaliste : Qui commande l’armée ?

Ministre des Affaires étrangères : Les commandants sont en place. Tous ceux qui ont trouvé le martyre ont été remplacés par d’autres commandants militaires. Tous les postes sont donc occupés et l’armée continue de fonctionner sous leur commandement.

Journaliste : Très bien. Deux dernières questions. Le média américain Axios rapporte que le président Trump souhaiterait s’impliquer personnellement dans le choix du prochain dirigeant iranien. Que répondez-vous à cela ?

Ministre des Affaires étrangères : C’est une affaire qui relève exclusivement du peuple iranien. Personne ne peut s’en mêler.

Journaliste : Monsieur le Ministre, vous êtes toujours là ? Vous m’entendez ?

Ministre des Affaires étrangères : Oui, je vous entends. Avez-vous entendu ce que j’ai dit ?

Journaliste : Oui, j’ai entendu, merci. Ce sera notre dernière question. Il y a quelques minutes, vous avez déclaré qu’il n’y aurait plus d’accord. L’Iran a-t-il définitivement cessé de négocier avec l’administration Trump ?

Ministre des Affaires étrangères : Le fait est que nous n’avons aucune expérience positive des négociations avec les États-Unis. Vous savez, en particulier avec cette administration, nous avons négocié deux fois l’année dernière et cette année, puis, au milieu des négociations, ils nous ont attaqués. Nous avons conclu un accord en 2015, puis, quelque temps plus tard, les États-Unis ont décidé de s’en retirer sans raison ni justification. Nous n’avons donc aucune expérience positive des négociations avec les États-Unis. Par conséquent, nous ne voyons aucune raison de nous engager à nouveau avec ceux qui ne sont pas honnêtes dans les négociations et qui n’agissent pas de bonne foi.

Journaliste : Monsieur le Ministre, merci de nous avoir accordé votre temps. J’espère que nous pourrons nous reparler dans les jours ou les semaines à venir.

Ministre des Affaires étrangères : Je l’espère également. Merci. Merci de m’avoir invité.


Déclaration du Ministère des Affaires étrangères iranien, le 7 mars 2026.



Source : IRMFA

Traduction : lecridespeuples.substack.com

Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

L'agression militaire conjointe des États-Unis et du régime sioniste contre la République islamique d'Iran, qui a débuté le 28 février 2026 avec le martyre du Guide suprême de la Révolution islamique et d'un certain nombre de hauts responsables de notre pays, et simultanément avec des attaques contre les infrastructures militaires et civiles, notamment les écoles, les hôpitaux, les installations sportives, les habitations et les centres de services publics, se poursuit sans relâche, et constitue une violation flagrante de l'intégrité territoriale et de la souveraineté nationale de l'Iran.

En réponse à cette agression militaire impitoyable, l'Iran exerce son droit inhérent à la légitime défense, tel qu'il est consacré par l'article 51 de la Charte des Nations Unies. Les forces armées de la République islamique d'Iran déploient tous leurs moyens pour contrer cette agression criminelle. L'exercice du droit inhérent de l'Iran à la légitime défense se poursuivra jusqu'à la cessation de l'agression ou jusqu'à ce que le Conseil de sécurité des Nations Unies s'acquitte de son devoir, en vertu de l'article 39 de la Charte des Nations Unies, en identifiant et en nommant les agresseurs et en déterminant les responsabilités découlant de leur agression.

Comme l'ont précisé diverses correspondances avec le Conseil de sécurité des Nations Unies, et conformément au principe fondamental du droit international relatif à l'« interdiction de nuire depuis son propre territoire », il est interdit aux États de permettre que leur territoire soit utilisé, directement ou indirectement, pour causer un préjudice ou un dommage à d'autres États. À cet égard, la résolution 3314 de l'Assemblée générale des Nations Unies, adoptée par consensus et reflétant le droit international coutumier sur la définition et les cas d'agression militaire, considère, à son article 3, paragraphe f, comme cas d'agression militaire : « Le fait pour un État de permettre que son territoire, qu'il a mis à la disposition d'un autre État, soit utilisé par ce dernier pour perpétrer un acte d'agression contre un État tiers. »

En outre, en tant que principe fondamental du droit international, les États doivent empêcher fermement, et ne pas faciliter ni soutenir, le lancement d'une agression militaire par des forces stationnées sur leur territoire contre d'autres pays. Il est évident qu'en cas de violation de ces obligations fondamentales, les autres États depuis le territoire desquels une agression militaire est lancée contre un État tiers seront tenus responsables juridiquement sur le plan international, notamment en ce qui concerne l'indemnisation des dommages directs et indirects subis.

La République islamique d'Iran, exerçant son droit inhérent à défendre sa souveraineté nationale et face au manquement manifeste du Conseil de sécurité des Nations Unies à ses devoirs et responsabilités en vertu de la Charte des Nations Unies, a entrepris des opérations défensives nécessaires et proportionnées contre les bases et installations des agresseurs dans la région. Cette action est légitime au regard du droit international, et des avertissements préalables et continus à son sujet ont été émis à différents niveaux.

Aucun facteur ne saurait remettre en cause le droit fondamental de l'Iran à se défendre contre l'agression militaire des États-Unis et du régime sioniste. Les opérations défensives iraniennes visent les cibles et les installations à l'origine des agressions contre la nation iranienne, ou qui servent de telles fins. Les pays de la région ont sans aucun doute compris à présent que les bases américaines sur leur territoire n'ont pas contribué à la sécurité régionale, mais servent uniquement à soutenir les assassins d'enfants sionistes et les agresseurs américains.

La République islamique d'Iran demeure attachée au maintien et à la poursuite de relations amicales avec les pays de la région, fondées sur le respect mutuel, le principe de bon voisinage et le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de chacun.

Ce document souligne que les opérations défensives menées par l'Iran contre les bases et installations militaires américaines dans la région ne doivent en aucun cas être interprétées comme une manifestation d'inimitié ou d'hostilité envers les pays de la région.

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